Texte de Nathalie Barbier · Photographies, mise en page et reliure de Géraldine Dubois
Les photographies sont venues en premier. Le parc de la Tête d'Or est un endroit où j'aime me promener et photographier : les serres s'y prêtent aux cadrages serrés, aux lignes, au mystère — parfois à l'abstraction.
↖ Né du regard · Ombres & transparences →Au printemps, il y a un endroit de la grande serre où les jardiniers stockent les plantes pour les protéger du froid. On ne peut pas y entrer. Mais en passant devant un matin, le soleil traversait la serre : j'étais à contre-jour, et je voyais se dessiner sur les vitres sales et poussiéreuses les ombres des plantes qu'on devinait par transparence.
Un vrai monde imaginaire et fantastique. C'est celui-là que Nathalie Barbier a su retranscrire dans son texte, avec ses farfadets malicieux, ses fantômes errants et ses lanternes magiques.
« Dans la chapelle de verre,
de l'autre côté du monde,
derrière le passage de l'ellipse,
il y a un jardin. »
Le leporello prolonge cette évanescence. Imprimé sur papier photo, il joue avec les reflets, les flous, la densité des grains — autant de textures qui rappellent les vitres des serres.
La mise en page est pensée comme une succession de panneaux translucides : on avance entre les mots comme entre les parois d'un jardin de verre, tantôt le visible s'impose, tantôt il se dérobe. Vingt centimètres de côté, une couverture cartonnée, dix exemplaires faits à l'atelier.