Poèmes de Nathalie Barbier · Photographies, gravures, mise en page et reliure de Géraldine Dubois
Des canettes écrasées, piétinées, abandonnées sur le pavé, invisibles aux regards pressés. Je les photographie in situ — non pour dénoncer les déchets, comme on l'a parfois cru, mais pour qu'on les regarde enfin.
↖ Né du regard · Matières & empreintes →Ce livre est épuisé. Il n'est plus disponible à la vente ; il reste présenté ici pour mémoire.
Nathalie Barbier, que je connais depuis longtemps, est en phase avec ma façon de voir ces canettes et avec ce que je voulais qu'on y voie. Son texte est rythmé, très oral : il claque comme le métal sous le pied, et s'accorde parfaitement à ces objets-là.
Ses mots demandent à être dits à voix haute — c'est là que la beauté surgit, à l'endroit où on ne l'attendait plus.
« Hier encore,
au mieux de sa forme,
rebondie,
contenant tubulaire débonnaire,
clinquant festif radieux. »
Le livre d'artiste photographique est souvent mal compris : on ne se rend pas toujours compte qu'on a devant soi des tirages originaux, sur papier photo, et non une impression d'imprimeur. La gravure était un moyen de le montrer, de rendre évident que ce livre est original et fait main.
J'y ai donc inclus une collagraphie et un gaufrage. Et ils tombaient juste : la canette y laisse sa marque dans le papier, comme l'homme laisse la sienne en l'abandonnant sur le sol. La première gravure, encrée, imprime la violence douce du métal ; la seconde, sans encre, laisse une trace muette directement dans le papier.