Artiste photographe, je vis et travaille à Lyon. Formée à l'art et au creative process à San Diego, j'explore depuis une photographie du réel — la ligne, la matière, l'ombre.
Je prolonge ce travail en livres d'artiste chez Zinzinule Editions, la maison que j'ai fondée, et l'expose en galeries et salons depuis 2002.
Atelier · Lyon
L'humain, les végétaux, les animaux sont intrinsèquement liés, même si nous l'oublions parfois. Chacun laisse derrière lui des empreintes, le plus souvent infimes. Ce sont ces détails de la vie, ces traces discrètes du vivant, que je tente de révéler par la photographie.
Mon travail se concentre sur des milieux naturels ou urbains que je regarde autrement. Dans mon viseur, l'enjeu n'est pas de saisir un sujet d'exception, mais d'en faire surgir une unité graphique insolite, une autre forme de beauté, loin du champ esthétique habituel, spectaculaire ou flamboyant. Je m'attarde sur ce que l'on ne regarde pas : une fleur des champs fanée au bord d'un chemin, une canette écrasée dans un caniveau, l'ombre d'un feuillage sur une vitre poussiéreuse, la matière d'un mur décrépi. Sous mon objectif, ces choses banales — parfois même ces détritus — deviennent des sculptures abandonnées, des paysages intérieurs, des œuvres du temps.
Je ne cherche pas à donner des clefs de lecture. Je préfère livrer une empreinte, et laisser les lignes, les contrastes et les matières guider l'œil vers une perception plus poétique des choses de tous les jours. Révéler l'infime, c'est aussi rappeler la fragilité de ce qui nous entoure et l'attention que mérite le vivant.
Chaque image ouvre une brèche dans l'imaginaire : au spectateur, alors, de trouver son chemin et de faire son propre voyage.
La serre voilée · vitre poussiéreuse
La photographie est pour moi un processus en trois temps.
J'interroge le sujet pour en faire ressortir le caractère épuré : ce qui reste quand on retire l'anecdote.
Je privilégie les lignes et la texture, en optant pour le noir et blanc ou des couleurs désaturées ; l'image est très peu retouchée.
Il révèle la photographie comme un objet : imprimée sur de beaux papiers, elle se regarde autant qu'elle se touche — on n'est plus loin de la peinture ou de la gravure.