Poèmes de Jackie Plaetevoet · Photographies, mise en page et reliure de Géraldine Dubois
J'ai beaucoup aimé ce texte de Jackie Plaetevoet : la page blanche, l'acte de création — qu'on soit auteur ou plasticien — et la transformation d'un rien en œuvre.
Jackie y arpente les chemins sinueux de l'écriture : l'épreuve du silence et du vide, le tâtonnement, l'errance, puis le lâcher-prise. Chaque mot devient une empreinte sur le sol mouvant de l'imaginaire, une trace fragile entre doute et révélation.
Les images sont venues après, dans cette même quête : paysages immenses et silencieux, flous où s'égarent les certitudes, lignes rectilignes qui se muent en sentiers vers les mots.
« Je suis le silence,
en amont
ou en bout de phrase. »
Le leporello alterne les rythmes : ici un texte posé dans le blanc, là une pleine page photographique qui envahit le regard. Parfois mots et images se répondent, parfois ils se superposent et brouillent la frontière entre perception et langage.
Chaque dépliement devient un temps suspendu, une progression vers ce moment fragile — celui où l'encre vient. Trente-huit pages sous une couverture Canson faite à l'atelier, dix exemplaires numérotés et signés.