Poème de Charles Baudelaire · Photographies, monotypes, mise en page et reliure de Géraldine Dubois
J'aime beaucoup ce poème de Baudelaire, qui parle des artistes. Lui qui fut critique d'art y fait l'éloge de ses peintres préférés — et c'est ce qui m'a attirée vers ce texte des Fleurs du Mal.
Baudelaire les appelle un à un — Rubens, Vinci, Rembrandt, Michel-Ange, Puget, Watteau, Goya, Delacroix — et fait de chacun un phare, un feu allumé sur une citadelle. Le livre suit cet appel, une strophe après l'autre.
Aux mots répondent des photographies : une ombre de lampadaire, une matière, un contre-jour — d'autres manières d'allumer un feu dans la page.
« C'est un cri répété par mille sentinelles,
un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
c'est un phare allumé sur mille citadelles. »
Sur ce livre, j'ai beaucoup travaillé la mise en page du texte. Je me suis appuyée sur la thèse de Daichi Hirota, Espace et poésie chez Baudelaire — typographie, thématique et énonciation (Sorbonne nouvelle, 2011), qui étudie la façon dont le poème occupe la page.
De là viennent les encadrés, qui isolent une strophe comme on encadre un tableau, les grands blancs qui laissent respirer, les mots mis en gras. Et les monotypes, tirés un à un à l'atelier : des rectangles de matière encrée posés dans la page, qui aèrent le texte et séparent les parties.