Poème de Christine Duminy-Sauzeau · Photographies, mise en page et reliure de Géraldine Dubois
Tout est parti des images : de la glace photographiée de si près qu'elle en devient méconnaissable. Christine Duminy-Sauzeau a écrit à partir d'elles — et c'est son poème, en parlant de strates, qui m'a donné la forme du livre.
J'ai photographié la glace au plus près, jusqu'à ce qu'elle ne se laisse plus reconnaître : des lignes, des reflets, des herbes et des graines prises dans l'épaisseur. Des images qui suggèrent plus qu'elles ne montrent.
Christine Duminy-Sauzeau les a suivies du regard, et son poème s'est écrit dans leur fil : il court sur les motifs gelés, puis s'abandonne à la dérive des souvenirs, à l'enfance, aux paysages imaginés.
« Un paysage d'opaline translucide,
terre d'un jardin fertile englouti,
immergé / émergé, noyé. »
C'est le texte qui a appelé la fabrication. Il parle de strates : le livre est devenu cela. Les pages se superposent comme une flaque d'eau gelée, irrégulière, tantôt opaque, tantôt translucide.
J'y ai découpé des fenêtres qui laissent apercevoir la page suivante, glissé du calque qui voile un poème avant de le rendre. On avance par dévoilement, en touchant autant qu'en regardant. Reliure spirale sous une couverture de carton gris ; tirage, mise en page et façonnage faits à l'atelier.